Hello 👋 c’est Hervé Clemenceau, auteur de Abondia, la 1ère newsletter francophone dédiée à l'éducation financière et aux finances personnelles pour les professionnels du SaaS et du Conseil

C’est la 23ème édition de la newsletter envoyée toutes les 2 semaines, le jeudi

Bienvenue au 217 nouveaux inscrits cette semaine, suite à mon post Linkedin annonçant mon départ d’Oracle après près de 20 ans. Merci encore pour vos messages, ils sont très encourageants !

Vous y découvrirez un ensemble de ressources gratuites que je crée moi-même, ainsi que des analyses et des points de vue que je partage. Toutes les éditions sont archivées sur le site web pour celles et ceux qui souhaitent revenir sur un thème abordé précédemment

Pour rendre la lecture de cette newsletter encore plus interactive et adaptée à vos préférences, j’ai introduis une innovation : l’interview dynamique générée par IA. Tout au long de la newsletter, ce concept vous offre la possibilité de choisir votre mode de consommation de l’information : en lecture classique ou en audio augmenté, avec une interview conçue à partir du contenu que j’ai rédigé moi-même et qui apporte une perspective plus large aux sujets abordés. Grâce à l’IA, vous pouvez ainsi choisir d’explorer les sujets traités sous un angle vivant et immersif !

Si l’on vous a transféré cette édition et que vous souhaitez vous inscrire, c’est ici

📔 Au programme de cette vingt troisième édition :

📰 Les 3 actualités éco invest de la quinzaine qu’il ne fallait pas louper

🤔 Insights : Ce que les moniteurs de ski nous apprennent sur la gestion patrimoniale

🎬 Vidéo : Le piège de faire un investissement sur un coup de coeur

📚 Question d’un abonné : Sébastien, 42 ans, Entrepreneur : Construire un projet patrimonial en couple

🏛️ La réforme des retraites est abandonnée

L’Assemblée Nationale s’est prononcée pour la suspension de la mise en œuvre de la Loi retraite de 2023 : aucun relèvement de l’âge légal de départ ne sera appliqué avant janvier 2028, et la durée d’assurance restera fixée à 170 trimestres jusqu’à cette date

Quel impact pour vous ?

  • Si vous aviez anticipé un départ “forcé” plus tardif, vous avez gagné du temps : votre plan de retraite ne se trouve pas (encore) aggravé

  • Pour ceux et celles né(e)s avant le 1er trimestre 1964, cela crée de la marge pour ajuster vos choix financiers : vous pouvez réévaluer l’effet “anticipation de départ” sur vos projections

  • Mais attention : ce n’est pas un abandon définitif de la réforme. Le texte reste en vigueur, et une reprise de la discussion interviendra pour les élections présidentielles de 2027

    👉 Profitez de cette période de “gel” pour modéliser plusieurs scénarios, par exemple départ à 62/63 ans vs 64/65 ans, épargne complémentaire, basculement vers l’investissement pour compenser

😇 Warren Buffet mise sur Google

Warren Buffett, un des plus grands investisseurs de tous les temps, a révélé un investissement d’environ 4,3 milliards USD dans Alphabet, la maison-mère de Google

Voici pourquoi ça mérite qu’on s’y attarde :

  • Buffett, connu pour sa stratégie “valeur à long terme”, opère un changement en entrant dans un géant de la Tech/IA. Cela valide une conviction : l’IA n’est plus seulement perçue comme une valeur de “croissance”, mais “matière à valeur”

  • Cela peut influer sur votre réflexion : si même un investisseur “value” met le pied dans l’IA, cela peut être un signal pour diversifier un peu via des véhicules “Tech/IA” ou renforcer la part “croissance” de votre portefeuille

  • Attention : ce n’est pas un feu vert pour tout miser là-dessus. Le contexte reste complexe (valorisation élevée, régulation à venir, cycles Tech volatils)

    À retenir : lorsque les “vieux sages” investissent dans la Tech, cela ne chasse pas le risque, mais souligne que l’horizon long terme reste pertinent

📉 Michael Burry retire son fonds de la SEC

Le célèbre investisseur à l’origine du film The Big Short, Michael Burry, a annoncé la radiation de son hedge fund Scion Asset Management auprès de la SEC le 10 novembre 2025. Le fonds gérait environ 155 millions USD. C’est un aveu d’échec sur les prévisions catastrophiques qu’il a livré depuis plusieurs mois et qui ont fait perdre beaucoup d’argent à ses clients.

Ce qui importe pour vous :

  • Burry, connu pour ses paris contraires, évoque un marché très surévalué et perçoit des déséquilibres, notamment dans les valeurs Tech / IA

  • Cela n’implique pas forcément de sortir de tout, mais de renforcer la vaccination : liquidité, diversification, scénarios “repli” (et même “contrariant”)

    À retenir : même lorsque tout paraît “vert”, certains gestionnaires historiques pensent “rouge”. Cela ne prédit pas de crash, mais invite à la revue périodique de vos positions à risque

Cet article m’a été inspiré suite à une rencontre avec un moniteur de ski chez des amis. Le lien avec mon approche de la gestion patrimoniale m’est apparue si évident que j’ai décidé d’en faire un thème de la newsletter Abondia.

La montagne comme métaphore du portefeuille

« En montagne, on ne vit pas que de la poudreuse. Comme en gestion patrimoniale, on apprend à ne pas dépendre d’une seule pente »

Dans les Alpes du Sud, un matin de novembre. Le froid est vif, la lumière mordante. Sur le télésiège, un homme discute avec deux enfants : conseils techniques, encouragements, démonstration d’un virage. L’après-midi, il remet ça avec des adultes. L’hiver, il est moniteur de ski. L’été ? Guide de randonnée, encadrant de stages de VTT ou d’escalade, parfois animateur dans un camp de jeunes. Il change d’activité comme on change de versant, en fonction des saisons, des conditions et des opportunités

Ce professionnel de la montagne est bien plus qu’un simple passionné de sports d’hiver. Il est polyvalent, adaptable, prévoyant. Trois qualités fondamentales, et souvent sous-estimées, en gestion de patrimoine

Dans un univers où l’on parle souvent de rendement, de fiscalité ou de produits financiers, il est parfois utile de changer de perspective. Car le patrimoine, comme la montagne, se vit en relief : il se construit dans la durée, s’adapte aux variations de terrain, et exige, pour qui veut éviter les avalanches ou les déséquilibres, une vraie stratégie d’anticipation

Les professionnels de la montagne ne vivent pas dans l’illusion de la haute saison éternelle. Ils savent que chaque cycle apporte ses défis et ses ressources. Ils s’organisent pour traverser les intersaisons sans encombre, pour tirer le meilleur de chaque moment

À bien y regarder, leur rapport au temps, au travail et à la résilience peut nous inspirer bien au-delà des sommets enneigés. Car la gestion patrimoniale, elle aussi, s’apprend en variant les appuis, en respectant les saisons, et en gardant toujours un œil sur la ligne d’horizon

❄️ Leçon n°1 : Diversifier ses sources de revenus comme on varie ses activités

« L’hiver, ils enseignent. L’été, ils encadrent. Et parfois, ils deviennent aussi auto-entrepreneurs. Une seule piste ne suffit pas »

Un moniteur de ski n’attend pas la neige pour vivre. Il l’anticipe. Il organise son année autour de plusieurs saisons, plusieurs métiers, plusieurs sources de revenus. Non par passion du changement, mais par nécessité de résilience. La montagne ne pardonne pas l’immobilisme

Cette logique de diversification, si naturelle dans le monde montagnard, reste pourtant trop souvent négligée dans la gestion de patrimoine. Nombreux sont ceux qui concentrent leur exposition sur une seule classe d’actifs (en France, trop souvent l’immobilier) ou dans un seul secteur (fréquemment la Tech US). D’autres dépendent exclusivement de leur statut de salarié, d’un CDI dans une entreprise qu’ils croient éternelle

Mais le monde change. Comme une tempête peut fermer une station, une crise sectorielle peut assécher un portefeuille mal diversifié. La leçon des moniteurs est claire : mieux vaut savoir descendre plusieurs types de pistes, même lorsque les conditions deviennent complexes

Prenons l’exemple d’un Consultant avant-vente au sein d’une société de Conseil. Il décide de fonder un studio de no-code en parallèle de son activité principale. En même temps, il investit dans une SCPI européenne pour sécuriser une partie de ses revenus passifs. Il n’abandonne pas son domaine d’expertise, mais il multiplie ses options. Comme un moniteur qui passe du ski à l’escalade sans perdre sa vocation

La diversification patrimoniale ne consiste pas à tout diluer, mais à créer un équilibre dynamique entre plusieurs lignes de vie financière. C’est la capacité à composer avec plusieurs “saisons économiques” et à s’assurer que, quelle que soit la météo, il y aura toujours une piste praticable

🍂 Leçon n°2 : Penser en “saisons” et en “cycles”

« Les montagnes enseignent la patience. L’hiver n’est qu’un moment de l’année. Il faut s’y préparer le reste du temps »

En montagne, l’hiver n’arrive jamais par surprise. Il est prévu, attendu, préparé. Les professionnels commencent à s’y préparer dès la fin de l’été : réservation du matériel, planification des plannings, entraînement physique. Car ils savent que leur performance dépendra de la qualité de cette anticipation

En matière patrimoniale, le même raisonnement prévaut. Un portefeuille s’inscrit dans un cycle de vie. Il connaît des phases de capitalisation (investissement, prise de risque, construction), des phases de stabilisation (arbitrages, sécurisation), et des phases de récolte (transmission, retraite, cession)

Ne pas anticiper ces étapes, c’est comme partir en randonnée sans consulter la météo. L’effort est le même, mais les conditions peuvent rendre l’itinéraire dangereux, voire impraticable.

Les marchés financiers eux-mêmes obéissent à des cycles. Le printemps correspond à une phase de croissance (investissement, innovation), l’été à une phase de maturité (rendement stable), l’automne à la prudence (arbitrages, désinvestissements partiels), et l’hiver à la consolidation (retraites, transmission)

On retrouve ici la logique de la stratégie core-satellite : un noyau dur (core) bien établi et peu exposé, entouré d’éléments plus dynamiques (satellites) adaptés au contexte et au moment. Le professionnel de la montagne n’utilise pas les mêmes skis pour la descente en poudreuse et pour le slalom. L’investisseur avisé, lui non plus, ne mise pas sur les mêmes supports selon la saison

⛰️ Leçon n°3 : Adapter son modèle à la topographie de sa vie

« Certains vivent en station. D’autres descendent en vallée hors saison. Tous doivent faire avec leur relief »

Chaque parcours de vie a son relief. Il y a ceux qui évoluent dans un environnement stable, balisé, avec des revenus réguliers et une visibilité claire. Et puis il y a les zones accidentées : les freelances, les entrepreneurs, les professions artistiques, les jeunes en hypercroissance ou les retraités anticipés. Comme en montagne, il faut adapter son matériel au terrain

La stratégie patrimoniale ne peut être universelle. Elle doit être profondément personnalisée. Un freelance SaaS de 30 ans avec une forte capacité d’épargne et une tolérance au risque élevée n’a rien à voir avec un DSI salarié de 55 ans qui vise la retraite à court terme

L’un peut se permettre des expositions plus dynamiques (ETF sectoriels, private equity, actifs non cotés), l’autre aura intérêt à structurer une transition en douceur (assurance-vie, fonds euros, PER, SCPI de rendement)

L’analogie matérielle est parlante :

  • PEA / CTO = vos skis : agiles, techniques, adaptés au terrain local

  • PER = l’assurance avalanche : en cas de coup dur ou de retraite anticipée, il vous protège

  • Fonds euros = le refuge : pas excitant, mais stable, utile en cas de tempête

  • ETF = la remontée mécanique : simple, efficace, peu coûteuse, elle vous permet d’aller plus loin avec moins d’effort.

La bonne allocation, c’est celle qui prend en compte votre altitude (âge), votre pente (ambition, revenu), votre météo (environnement économique), et vos objectifs à l’horizon

🔄 Leçon n°4 : Gérer l’alternance, sans subir l’intermittence

« Le secret, ce n’est pas de survivre à l’intersaison. C’est de la planifier »

L’interruption d’activité est inhérente aux métiers saisonniers. Mais elle n’est pas subie, elle est organisée. Les moniteurs prévoient leur trésorerie, planifient leur année entière, construisent une vision d’ensemble. C’est ce qui leur permet de rebondir et de durer

Dans la gestion de patrimoine, la même logique s’applique. Une personne peut connaître une période de transition professionnelle : rupture conventionnelle, congé sabbatique, création d’entreprise, pause familiale. Ces creux ne sont pas des échecs, mais des phases à structurer

Il est essentiel de prévoir des arbitrages stratégiques :

  • Sécuriser une partie du portefeuille avant une période d’instabilité : vente partielle, allocation défensive, fonds à capital garanti

  • Lisser sa fiscalité sur plusieurs années : en répartissant les plus-values ou en jouant sur les abattements temporels

  • Profiter d’une baisse de valorisation pour renforcer ses positions : comme une station vide, c’est le meilleur moment pour apprendre et investir

L’investisseur intermittent n’est pas un amateur : c’est un professionnel de la variation. Il construit sa trajectoire sur le long terme, sans dépendre d’un seul pic de performance.

Devenir stratège de sa propre montagne (patrimoniale)

Le bon alpiniste ne cherche pas l’adrénaline à tout prix. Il cherche l’itinéraire le plus adapté. Il lit les cartes, observe les nuages, ajuste sa trajectoire. Il sait que la réussite se joue sur des micro-décisions, sur l’art de composer avec le terrain, pas contre lui

Il en va de même pour la gestion patrimoniale. Être un bon investisseur, ce n’est pas battre les marchés à chaque trimestre, ni viser le rendement maximal en toutes circonstances. C’est bâtir une stratégie globale, alignée avec ses ressources, ses projets et ses contraintes. Une stratégie qui respecte le relief de sa vie, qui accepte les cycles, qui s’adapte aux conditions changeantes

C’est savoir ralentir quand le brouillard monte, accélérer quand les conditions sont bonnes, contourner une avalanche plutôt que s’y confronter. Et surtout, ne jamais se lancer sans cap, sans repère, sans plan

Dans cet environnement complexe, le professionnel qui vous accompagne joue le rôle du guide de haute montagne. Il ne marche pas à votre place, mais il connaît les chemins, les risques, les balises. Il vous aide à lire la météo économique, à choisir le bon équipement financier, à ajuster votre rythme. Il ne vend pas une performance, mais un itinéraire : solide, progressif, sur mesure

Car plus on monte en altitude, plus son patrimoine se développe, plus ses enjeux s’élargissent, plus l’erreur de trajectoire coûte cher. L’expertise d’un coach financier n’est pas de savoir où vous serez dans dix ans, mais de construire avec vous la meilleure manière d’y arriver

Au fond, gérer son patrimoine, ce n’est pas simplement accumuler des actifs. C’est apprendre à habiter la montagne de sa vie financière, à en lire les lignes, à y tracer une voie résiliente. C’est devenir stratège de son propre relief

👉 Et si la première décision stratégique, c’était simplement de ne pas faire ce chemin seul ?

Un petit duplex au pied des pistes, cuisine américaine, mezzanine, 2 semaines par an. C'est pas le bonheur, ça ?

Dans Les Bronzés font du ski, Gérard Jugnot et Josiane Balasko incarnent ces co-propriétaires du rêve typique des années 80 : détenir un morceau de montagne 2 semaines par an

On leur a vendu sur papier glacé (le web n’existait pas à cette époque!) une ambiance, une promesse, une illusion de rentabilité et de plaisir partagé … et ils y ont cru !

👉 Ce qu’il ont acheté, en fait, c’est du time-sharing, cette forme de multipropriété qui a fleuri dans les 80’s au bord de mer ou à la montagne, avec des brochures pleines de sourires, mais souvent (pour ne pas dire toujours)des rendements peu flatteurs

Ce que cette scène nous rappelle :

👉 Un bon investissement ne se choisit pas au feeling
👉 Il ne se justifie pas par une émotion, un décor ou une promesse de vacances perpétuelles

Trop de placements locatifs (et pas que) sont encore aujourd’hui choisis sur la base d’une photo/vidéo sympa, d’un discours vendeur bien rôdé ou d’un “j’ai eu un bon feeling, j’le sens bien”

Résultat ?

  • Rentabilité réelle rognée par les charges (ou par les frais pour l’assurance-vie par exemple)

  • Gestion locative pénible ou chronophage (vous savez le locataire qui vous appelle en urgence à 22h15 pour intervenir au plus vite)

  • Vacance imprévue

  • Et surtout, un écart abyssal entre le rêve vendu… et la réalité vécue

🧭 La bonne question à se poser n’est pas :

Est-ce que j’aimerais y passer mes vacances ?

…mais plutôt :

Est-ce que cet actif est rentable, liquide, bien situé, et aligné avec ma stratégie globale ?

Bon visionnage !

Sébastien, 42 ans, Entrepreneur dans le digital

Bonjour Hervé,

Ma compagne est en CDI dans un grand groupe de services, avec un bon salaire et une vraie stabilité. De mon côté, je suis entrepreneur dans le digital : mes revenus sont plus irréguliers, mais j’ai aussi plus de potentiel de croissance. Nous voulons construire un projet patrimonial ensemble, mais nous ne savons pas s’il faut séparer nos stratégies ou essayer de les fusionner. Faut-il raisonner à deux vitesses ou bâtir un portefeuille commun, même avec des profils si différents ?

Merci

Bonjour Sébastien,

Deux rythmes, un cap : construire un patrimoine à deux vitesses

Il est fréquent, aujourd’hui, que les couples évoluent sur deux versants économiques distincts. D’un côté, un salarié en CDI, appuyé par des revenus réguliers, une protection sociale robuste et une trajectoire relativement prévisible. De l’autre, un indépendant, un entrepreneur, ou un freelance, exposé à davantage de volatilité, mais avec un champ des possibles plus large

Ce déséquilibre apparent peut inquiéter. Et pourtant, il représente une formidable opportunité de complémentarité stratégique !

1. Lire la topographie du couple

Construire un projet patrimonial à deux commence par reconnaître que l’on ne dispose pas forcément du même point de départ

  • La personne salariée apporte de la visibilité : un socle de revenus stables, un cadre fiscal et social connu, des dispositifs d’épargne classiques (PER d’entreprise, intéressement, prévoyance)

  • L’entrepreneur, lui, introduit de la dynamique : capacité à créer de la valeur rapidement, souplesse d’allocation, et potentiellement des revenus différés (cession d’entreprise, dividendes, plus-values)

Cette asymétrie n’est pas un problème à corriger. C’est un relief à lire, une altitude à organiser et un rythme à coordonner

2. Trois modèles d’organisation selon la maturité du projet

#1 - Le mode parallèle : chacun trace sa voie

C’est souvent le point de départ. Chacun gère son propre patrimoine, avec sa logique et ses contraintes. Cela permet de conserver de la liberté et de tester la solidité du binôme sans tout fusionner.

Adapté aux couples jeunes ou en début de parcours commun, ce modèle protège contre les déséquilibres brutaux mais n’exploite pas pleinement le potentiel du tandem

#2 - Le mode complémentaire : sécuriser d’un côté, dynamiser de l’autre

Ici, on assume la différence de rythme. Le partenaire salarié privilégie la stabilité : constitution d’épargne de précaution, investissements défensifs (fonds euros, SCPI, assurance-vie). L’indépendant, lui, vise la croissance : exposition actions via un PEA, développement d’un portefeuille d’actifs pro ou investissement locatif avec effet de levier

Ce modèle repose sur une confiance réciproque et une vision partagée : chacun joue un rôle dans l’équilibre global

#3 - Le mode stratégique : une trajectoire unifiée

C’est le stade le plus avancé. Le couple construit une vision patrimoniale commune, fait des arbitrages à deux têtes, mutualise certaines enveloppes (sociétés civiles, démembrement, assurance-vie croisée) et pense l’ensemble de son patrimoine comme un seul ensemble, même s’il est réparti sur deux profils

Cette approche suppose un dialogue mature sur les objectifs de vie, les risques, la gouvernance et le long terme

3. Harmoniser les horizons, pas les vitesses

Il ne s’agit pas de faire converger les revenus ou d’imposer une symétrie artificielle. Il s’agit d’harmoniser les horizons :

  • Quelle est la temporalité commune : acheter un bien ? préparer une expatriation ? financer les études d’un enfant ? anticiper une baisse d’activité ?

  • Quels sont les besoins de liquidité, de rendement, de sécurité… aujourd’hui, dans cinq ans, dans vingt ?

  • Quelle place donner à l’indépendance financière de chacun dans un projet commun ?

L’essentiel est de construire un cap stratégique partagé, pas d’uniformiser les parcours. On peut monter à des rythmes différents, tant que l’on vise la même crête

4. Clarifier le cadre : juridique, fiscal, émotionnel

Un projet patrimonial ne repose pas uniquement sur des chiffres. Il repose aussi sur une gouvernance saine

  • Statut marital (mariage, PACS, concubinage) : chaque statut encadre différemment la propriété, la transmission, la solidarité fiscale. C’est un choix structurant pour la suite

  • Niveau d’implication dans les décisions : certaines pentes se négocient mieux à deux, il faut que les 2 personnes soient alignées sur les décisions à prendre

  • Gestion des contributions : chacun ne donne pas forcément autant, mais chacun doit se sentir contributeur

Le couple n’est pas une entreprise, mais un projet commun qui demande de la clarté et de l’intention

5. Le bon réflexe : tracer sa ligne avec un professionnel

Dans ce type de situation asymétrique, l’accompagnement par un professionnel de la stratégie patrimoniale prend tout son sens. Pas pour lisser les différences, mais pour les intégrer dans une architecture cohérente, évolutive et personnalisée

Son rôle n’est pas de choisir à votre place, mais de poser les bonnes questions, de vous aider à organiser votre patrimoine comme une cordée : sécurisée, fluide et prête à affronter les dénivelés de la vie à deux

En somme : on peut avancer à deux vitesses, à condition d’avoir un seul cap !

Et dans le relief complexe d’un couple mixte salarié/entrepreneur, le bon choix n’est ni la fusion totale ni la séparation stricte, mais la stratégie : celle qui respecte les spécificités, aligne les ambitions, et garde le regard fixé sur la ligne d’horizon

Bons investissements !

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D’avoir lu cette 23ème édition jusqu’au bout, j’espère qu’elle vous a plu !

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À jeudi, dans deux semaines !

Hervé

Disclaimer

Tout ce qui est présenté dans la newsletter Abondia ™️ et sur les sites Internet où sont archivés les éditions précédentes ne peut être considéré comme un conseil en investissement, au sens de la réglementation française. Il s’agit de présenter et vulgariser de manière pédagogique des concepts financiers, d’investissement et de finances personnelles. Chaque profil investisseur est unique et à ce titre chaque lecteur doit adapter sa stratégie d’investissement à celui-ci-ci et à l’horizon de temps dont il dispose. Investir comporte des risques de perte en capital

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