
Hello 👋 c’est Hervé Clemenceau, auteur de Abondia, la 1ère newsletter francophone dédiée à l'éducation financière et aux finances personnelles pour les professionnels de la Tech, du SaaS et du Conseil
C’est la 24ème édition de la newsletter envoyée toutes les 2 semaines, le jeudi
Vous y découvrirez un ensemble de ressources gratuites que je crée moi-même, ainsi que des analyses et des points de vue que je partage. Toutes les éditions sont archivées sur le site web pour celles et ceux qui souhaitent revenir sur un thème abordé précédemment
Pour rendre la lecture de cette newsletter encore plus interactive et adaptée à vos préférences, j’ai introduis une innovation : l’interview dynamique générée par IA. Tout au long de la newsletter, ce concept vous offre la possibilité de choisir votre mode de consommation de l’information : en lecture classique ou en audio augmenté, avec une interview conçue à partir du contenu que j’ai rédigé moi-même et qui apporte une perspective plus large aux sujets abordés. Grâce à l’IA, vous pouvez ainsi choisir d’explorer les sujets traités sous un angle vivant et immersif !
Si l’on vous a transféré cette édition et que vous souhaitez vous inscrire, c’est ici
📔 Au programme de cette vingt quatrième édition :
📰 Les 3 actualités éco invest de la quinzaine qu’il ne fallait pas louper (Special Investir Day)
🤔 Insights : Comment naissent (et meurent) les convictions en investissement ?
🎬 Vidéo : Peut-on se fier à soi-même (dans l’investissement et ailleurs) ?
📚 Question d’un abonné : Elena, 42 ans, Responsable Data & AI chez un éditeur SaaS : comment sortir du “All-in”?

🔥 Nouvelle génération de CGP : ce qui est à retenir de mon intervention à Investir Day
Investir Day, c’est le plus grand salon français dédié aux investisseurs individuels : plus de 10 000 participants, des grandes entreprises cotées, des experts, des startups fintech et une scène où se croisent dirigeants du CAC 40, économistes, analystes et créateurs de contenu spécialisés
En synthèse : le rendez-vous où se dessinent les tendances de l’investissement grand public en France
C’est dans ce cadre que j’ai été invité à intervenir lors d’une table ronde sur la nouvelle génération de conseillers en gestion de patrimoine et un point est vite devenu central : le vrai clivage du métier aujourd’hui n’est plus entre “bon” ou “mauvais” produit, mais entre vendre un produit … et construire un système aligné avec les objectifs de vie d’un client.
Je l’ai dit clairement (vous me connaissez!) :
“Le rôle d’un CGP n’est pas de placer des produits. Son rôle, c’est d’aligner un système patrimonial avec ce que vous voulez réellement faire de votre vie.”
Et visiblement, ça a résonné : les questions du public tournaient toutes autour de la même inquiétude « Comment savoir si ce qu’on me propose sert mes objectifs … ou sert surtout le produit ? »

Intervention table ronde Investir Day 2025
Ce changement de paradigme est crucial, surtout pour les pros de la Tech, du SaaS et du Conseil :
vous avez des revenus élevés mais irréguliers,
des carrières en mouvement,
des arbitrages complexes (RSU, épargne, immo, side-business, cash management…),
et personne pour articuler tout ça sans forcer l’entrée d’un produit
Ce que j’ai défendu, c’est une architecture inversée :
→ on part de vos objectifs de vie,
→ on comprend votre psychologie financière,
→ on construit un système clair, holistique, sans jargon,
→ et seulement ensuite, on choisit les outils (c’est presque le plus simple)
Dans une période où les opportunités d’investissement se multiplient (immo fractionné, Private Equity retail, obligations, ETF sectoriels, private credit …), le problème n’est pas le manque d’options
Le problème, c’est de savoir lesquelles vous correspondent vraiment
Pourquoi c’est pertinent pour un cadre Tech/Conseil ?
Parce que vous n’avez pas besoin d’une liste de produits.
Vous avez besoin d’un système qui :
– capte les opportunités au bon moment,
– protège votre patrimoine des décisions impulsives,
– et ne dépend pas de votre capacité (ni de votre envie) à suivre les marchés chaque semaine.
Ma conviction : l’époque du CGP qui “pousse” un produit touche à sa fin.
Ce qui démarre, c’est l’ère du patrimoine architecturé, data-driven, transparent, au service de votre vie, pas de votre banquier.
⚡️ Marché de l’emploi Tech : la fin de la surchauffe, le début de la rigueur
Après dix ans de marché hyper-tendu, la Tech française a clairement changé de cycle :
moins d’offres, plus de sélectivité, des packages moins agressifs, des négociations qui durent plus longtemps, et un retour discret mais réel des gels de postes
Pas un crash, une normalisation
Pour beaucoup de cadres SaaS / ESN / éditeurs / boites de Conseil, cela crée une situation inédite : on reste bien payé, mais l’élasticité des salaires disparaît.
Fini les +20 % à chaque changement de job, les bonus automatiques et l’effet “croissance infinie du secteur”.
Résultat : la dynamique d’épargne n’est plus portée simplement par le revenu.
Elle doit être portée par la discipline
Trois impacts clés pour votre patrimoine :
La volatilité des flux augmente.
Variable plus faible, primes moins systématiques, plus d’incertitude → besoin d’un coussin plus largeLa progression salariale n’absorbe plus les erreurs patrimoniales.
Avant : vous pouviez compenser une mauvaise allocation par une nouvelle augmentation
Maintenant : vos choix pèsent davantageL’arbitrage “sécurité vs investissement” devient stratégique.
Vous ne pouvez pas tout faire : rembourser, investir, diversifier, préparer un achat…
Il faut hiérarchiser.
Pour un cadre Tech/Conseil, c’est le moment où un système patrimonial clair n’est plus un “nice-to-have” mais un filet de sécurité proactif : mieux gérer ses flux, structurer son allocation, et arrêter de compter sur une hausse automatique des revenus pour corriger le tir.
🔥 Private Equity (PE) grand public : une opportunité … qui peut aussi devenir un piège
Le private equity “grand public” explose. Tickets plus faibles, plateformes plus accessibles, marketing plus léché, storytelling séduisant (“investissez comme les pros”, “accédez au non coté”).
La mécanique est simple : démocratiser un segment historiquement réservé aux institutionnels.
Sauf qu’il y a d’autres réalités à regarder en face :
1. Le PE est illiquide, lent et asymétrique.
Et la plupart des nouveaux investisseurs l’apprennent après avoir signé
Vous immobilisez votre argent 7 à 10 ans
Et vous dépendez de la qualité du gestionnaire, pas du marché
2. L’écart entre un bon fonds et un mauvais est stratosphérique.
Le private equity n’est pas un ETF :
– les meilleurs font très bien,
– les moyens font médiocre,
– les mauvais font catastrophique
3. C’est un actif qui doit être intégré dans un système, pas ajouté en patch
La plupart des erreurs viennent de là :
les gens mettent 5 000 ou 10 000 € “par curiosité”, sans regarder :
– leur horizon de liquidité,
– leur concentration,
– leur besoin de flexibilité,
– leur exposition déjà existante au risque entreprise via leur job
Pour un cadre Tech/Conseil, le risque implicite est encore plus fort :
vous êtes déjà exposé au non coté par votre carrière (salaires variables, RSU, impact des cycles sectoriels)
Ajouter du PE sans cadre, c’est parfois doubler votre risque au lieu de le diversifier
Le PE peut être un excellent outil
Mais uniquement si :
– il est intégré dans une architecture patrimoniale cohérente
– les tickets sont alignés avec votre liquidité réelle
– et vous acceptez que “démocratisé” ne veut pas dire “simple”

Cet article m’a été inspiré par une conversation improvisée avec un voisin de table lors d’un dîner. Il m’expliquait, très sûr de lui, qu’il avait trouvé “le meilleur investissement possible”, un appartement censé “prendre 20 % en trois ans”. Quand je lui ai demandé d’où venait sa certitude, tout reposait sur … une intuition solide, selon lui. Mais zéro chiffre, zéro vérification, zéro plan de sortie. Sa “conviction” n’était qu’une histoire bien racontée à lui-même. C’est là que j’ai réalisé à quel point nous transformons parfois nos intuitions en certitudes patrimoniales sans même nous en rendre compte
Il y a une chose que les investisseurs aiment plus que les performances : leurs convictions (et c’est humain)
On les chérit, on les raconte, on les défend. Parfois même, on les confond avec notre identité. Mais si on gratte un peu, la plupart de ces “convictions” ne sont que des intuitions mal dégrossies, habillées d’un vernis rationnel
Certaines sont solides. Beaucoup ne tiennent pas au premier contact avec la réalité
Comprendre comment une conviction naît, comment elle se renforce, comment elle peut (et doit) mourir, c’est une compétence clé si vous investissez sérieusement dans la durée, que ce soit en Bourse, en immobilier, en crypto, en private equity ou dans vos propres projets.
Et particulièrement si vous travaillez dans la Tech ou le Conseil, des environnements où la narration est souvent plus forte que la preuve (je ne vise personne)
Opinion, intuition, conviction : trois niveaux à distinguer avant d’investir
Le premier piège, c’est de tout mettre dans le même sac. Une opinion devient une intuition. Une intuition devient une conviction. Et tout cela finit par guider des décisions importantes alors que rien n’a été clarifié
L’opinion, c’est le bruit de fond. Elle réagit à l’actualité, change au gré des analyses et ne vous aide jamais à décider. Elle révèle surtout vos biais
L’intuition, c’est ce moment où quelque chose “tilte” : un quartier qui vous semble sous-valorisé, un CEO qui dégage quelque chose, un protocole crypto qui prend de la traction culturelle avant même les métriques. C’est précieux, mais insuffisant en l’état : c’est du matériau brut
La conviction, la vraie, n’existe que si vous êtes capable de dire ce que vous attendez, ce qui invaliderait votre thèse, quel risque vous acceptez et pourquoi cette position mérite une place précise dans votre patrimoine
Sinon, ce n’est pas une conviction : c’est une croyance déguisée
Quand une conviction tient … et quand elle “explose en vol”
Une conviction n’est pas un totem. Elle vit, se renforce ou se dégrade. Vous savez qu’elle tient lorsque la réalité, patiemment, commence à ressembler à ce que vous aviez anticipé : un quartier évolue dans le bon sens, une startup confirme trimestre après trimestre, un protocole accumule de l’usage réel
À l’inverse, une conviction fragile commence par se fissurer. Un indicateur se dégrade. Un élément clé n’est plus aligné. Et surtout : vous commencez à dire “oui mais c’est temporaire”
C’est le signal le plus dangereux. À ce stade, vous ne défendez plus votre thèse : vous défendez votre ego
Certaines narratives crypto, des quartiers immobiliers “évidents depuis dix ans”, des startups “presque au Product Market Fit”…
Ce sont toujours des cas où la rupture est visible a posteriori, jamais à temps
Une conviction solide survit aux faits
Une conviction fragile ne survit que parce que vous refusez de les regarder
La “matrice de l’impensable” : ce qu’on ne peut pas prouver… mais qui peut être vrai
Il existe un territoire où les choses importantes ne se voient pas encore
Des actifs dont le potentiel est réel mais impossible à modéliser
Des signaux faibles plus pertinents que des batteries de KPIs
C’est ce qu’on appelle la “matrice de l’impensable”.
Microsoft avait un MOAT (avantage durable qui protège une entreprise de ses concurrents et lui permet de maintenir sa position dominante dans le temps) bien avant que ce mot devienne à la mode. Or au début des années 90 Microsoft était vu comme un dinosaure
Visa avait le modèle économique le plus puissant du monde alors que personne ne savait encore le mesurer
Dans l’immobilier, certains quartiers stagnent des années puis basculent en quelques mois
En crypto, les use cases réels émergent toujours en décalage par rapport aux prédictions
Dans les startups, la feature secondaire devient parfois le pivot
Le danger :
– rejeter tout ce qu’on ne peut pas prouver (excès de scepticisme),
– croire tout ce qui raconte une belle histoire (excès de naïveté)
Naviguer entre les deux est le vrai métier de l’investisseur
La frontière entre analyse rationnelle et croyance personnelle
On aime croire qu’on décide avec des chiffres. En réalité, on décide souvent avec soi-même
1. Ce qui relève de la logique économique
Ce sont les éléments qui résistent à un audit : cash flows, traction, dynamique de marché, cycles macro
Ils existent indépendamment de vous
2. Ce que vous projetez
Un CEO qui partage vos valeurs.
Un quartier qui vous rassure ou que vous adorez pour des mauvaises raisons
Une narrative crypto qui parle à votre identité de “personne dans la tech”
Ce sont des éléments qui viennent de vous, pas de l’actif
3. Le piège du “je suis rationnel”
Plus on est formé à l’analyse, plus on excelle à justifier ses propres biais
Le risque n’est pas de se tromper, mais de ne plus s’en rendre compte
4. La seule vraie question
“Qu’est-ce qui me ferait changer d’avis ?”
Si vous n’avez pas de réponse, vous êtes dans la croyance, pas dans la conviction
On aime croire qu’on décide avec des chiffres. En réalité, on décide souvent avec soi-même
Une conviction fragile ne survit que parce que vous refusez de les regarder
Comment construire une conviction solide (sans en devenir prisonnier)
Une conviction n’est pas une intuition musclée
C’est un cadre. Une méthode. Une discipline
1. Ma thèse peut-elle être falsifiée ?
Si aucune donnée ne peut prouver que vous avez tort, vous n’avez pas une conviction : vous avez une religion
2. Quels invariants soutiennent l’actif ?
Chaque investissement repose sur un noyau dur : tension locative réelle, rétention client, usage observé, effets de réseau …
Sans invariants, votre conviction repose sur du sable
3. Où sont mes zones émotionnelles fragiles ?
Aversion au risque, FOMO (peur de rater une opportunité et d’être “le dernier” à profiter d’un mouvement), affiliation sectorielle …
Les nommer, c’est déjà reprendre le contrôle
4. Qu’est-ce qui prouverait que j’ai tort ?
Les amateurs cherchent les signaux qui confirment
Les investisseurs avancés cherchent ceux qui invalident
5. Suis-je en train de confondre histoire séduisante et réalité économique ?
Retirez le storytelling
S’il ne reste rien, la conviction était creuse
6. Cet actif mérite-t-il vraiment cette place dans mon patrimoine ?
Une conviction se mesure à l’allocation, pas à l’enthousiasme
7. Ai-je un protocole de revue ?
Mensuel ou trimestriel. Peu importe
Sans revue, votre conviction devient un souvenir

Les convictions sont indispensables pour investir sérieusement
Sans elles, on papillonne
Mais mal construites, elles deviennent des pièges : elles nous attachent, nous aveuglent et transforment nos biais en décisions patrimoniales
Une conviction n’est solide que si elle accepte deux choses :
– être interrogée régulièrement,
– mourir proprement si la réalité lui dit non
Le but n’est pas d’avoir raison
Le but est de faire mieux, dans la durée, en construisant un patrimoine qui repose sur des principes, pas sur des histoires
Les meilleurs investisseurs ne sont ni cyniques, ni croyants
Ils sont lucides et disciplinés

Aujourd’hui, je ne vous emmène du coté d'Arte TV
La vidéo s’intitule « Peut-on se fier à soi-même ? ».
Elle pose une question simple : si nos intuitions peuvent nous tromper, si nos souvenirs sont instables, si notre cerveau comble les trous sans nous prévenir … jusqu’où peut-on faire confiance à nos propres certitudes ?
Pourquoi je vous propose ça ici, juste après un Insight entièrement consacré aux convictions en investissement ?
Parce que cette vidéo touche au point aveugle le plus critique du patrimoine : l’idée que la conviction vient de nous, donc qu’elle est fiable par nature
Or ce documentaire montre exactement l’inverse : nos perceptions sont limitées, nos intuitions parfois bancales, nos raisonnements souvent biaisés et pourtant, nous nous construisons des certitudes avec tout ça
Des certitudes qui semblent solides, simplement parce qu’elles sont … à nous
Et c’est là que le lien se fait : en investissement, beaucoup de convictions meurent précisément parce qu’elles reposent sur une confiance excessive en nos propres jugements
La vidéo nous rappelle que se fier à soi-même est nécessaire, mais jamais suffisant. Il faut un cadre, une méthode, un garde-fou, sinon la conviction se transforme en croyance, puis en dogme
À regarder avec une double question en tête :
– Quelle part de ma conviction repose sur des faits ?
– Et quelle part repose simplement sur la confiance que j’ai en mon propre récit ?
Cette vidéo n’est pas là pour vous rendre méfiants envers vous-même
Elle est là pour rendre vos convictions plus robustes
Plus conscientes
Et surtout : plus résistantes à vos propres angles morts
Bon visionnage !

Elena, 42 ans, Responsable Data & AI chez un éditeur SaaS
Bonjour Hervé,
Je suis persuadée que l’IA va tout changer. C’est mon métier, je le vis au quotidien. Du coup, j’ai orienté plus de 70 % de mon portefeuille actions sur des valeurs IA
Aujourd’hui, je me demande si ma conviction est rationnelle … ou si je confonds expertise professionnelle, intuition sectorielle et vrai travail d’investissement
Comment éviter de tomber dans l’ultra-concentration par excès de confiance et comment trouver le bon niveau de diversification ?
Merci
Bonjour Eléna,
Tu mets le doigt sur un cas classique chez les cadres experts d’un domaine : confondre maîtrise d’un sujet et capacité à évaluer les actifs qui tournent autour de ce sujet
Dit autrement
➡️ être excellente en IA ne fait pas automatiquement de toi une investisseuse lucide sur les entreprises qui bossent dans l’IA
Ça t’offre de meilleurs signaux faibles, oui, mais aussi un biais d’affinité très puissant
Voici comment structurer la situation
1. Clarifier ta conviction réelle
Il faut distinguer quatre niveaux :
Ton expertise : tu sais que l’IA avance très vite
Ton opinion : tu penses que l’IA va continuer à transformer les business models
Ton intuition : tu sens que certaines boîtes sont mieux positionnées que d’autres
Ta conviction investissable : pour l’instant, elle n’est pas formalisée. Elle repose plus sur ton immersion professionnelle que sur une thèse structurée
Ce n’est pas un problème, c’est même une très bonne base, mais il faut stabiliser ta conviction en dehors de ton quotidien
2. Identifier ton angle mort : l’ultra-concentration par affinité
L’ultra-concentration arrive rarement par hasard. Elle arrive quand :
ton métier devient ton filtre d’analyse (ce dont tu es consciente, bravo)
ta confiance sectorielle devient de la confiance excessive
tu “comprends trop bien” les arguments pro-IA pour les challenger froidement
C’est le biais d’expertise : plus on connaît un domaine, plus on surestime la capacité des entreprises du domaine à exécuter
Tu as beaucoup d’informations … mais pas forcément beaucoup de distance
3. Évaluer ton niveau de risque réel
70 % sur un seul thème, même large (l’IA), c’est une ultra-concentration. Pas forcément mauvaise en soi mais exigeante
Elle augmente :
la volatilité de ton patrimoine,
la probabilité d’une forte baisse de ton patrimoine en cas de tension (ce qu’on voit depuis 1 mois d’ailleurs)
la tentation de t’entêter si l’un des titres se retourne
Pose-toi cette question honnêtement
➡️ Si l’IA entame un cycle long de déception (comme le cloud en 2010, la VR en 2016, la crypto en 2022), que devient ton patrimoine ?
Si la réponse te met mal à l’aise, c’est que ton allocation ne reflète pas ton vrai niveau de tolérance au risque.
4. Construire une conviction, puis la diversifier intelligemment
Tu n’as pas besoin d’abandonner ta thèse IA
Tu dois la compléter, pour la rendre robuste :
Diversifie dans l’IA (chips, software, acteurs de niche, picks & shovels). Tu peux lire l’article que j’ai rédigé à ce sujet : https://abondia.beehiiv.com/p/comprendre-la-chaine-de-valeur-de-l-ia
Diversifie hors IA (moats historiques, business récurrents, secteurs non corrélés)
Diversifie dans les classes d’actifs (ETF larges, fonds, immobilier, cash rémunéré, obligations)
Ce n’est pas une dilution de ta conviction
C’est ce qui la rend tenable dans le temps
Une bonne conviction n’a pas besoin de tout envahir pour être efficace
5. Créer ton garde-fou (simple et non négociable)
Établis 3 règles :
Plafond de thème : pas plus de X % du patrimoine dans une seule méga-tendance (IA, crypto, immo, énergie…)
Plafond de titre : aucun titre individuel ne dépasse Y % (souvent 5–10 % max)
Revue trimestrielle : tu analyses si la thèse tient encore, indépendamment de ta vie pro
Ces règles servent à une chose :
➡️ empêcher tes convictions d’être dictées par ton métier
À retenir pour tout le monde
Votre expertise sectorielle est un atout … et un piège
Une conviction trop liée à votre identité professionnelle devient une croyance
L’ultra-concentration n’est pas une stratégie, c’est une vulnérabilité
Une conviction solide s’exprime dans une allocation raisonnable, pas dans un “all-in”
La diversification n’affaiblit pas une conviction : elle lui permet de survivre
Bons investissements !
Je réponds dans chaque édition aux questions qu’on me pose.
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Merci 🫶🏼
D’avoir lu cette 24ème édition jusqu’au bout, j’espère qu’elle vous a plu !
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À jeudi, dans deux semaines !
Hervé
Disclaimer
Tout ce qui est présenté dans la newsletter Abondia ™️ et sur les sites Internet où sont archivés les éditions précédentes ne peut être considéré comme un conseil en investissement, au sens de la réglementation française. Il s’agit de présenter et vulgariser de manière pédagogique des concepts financiers, d’investissement et de finances personnelles. Chaque profil investisseur est unique et à ce titre chaque lecteur doit adapter sa stratégie d’investissement à celui-ci-ci et à l’horizon de temps dont il dispose. Investir comporte des risques de perte en capital


