
Hello 👋
Je suis Hervé Clemenceau, fondateur d’Abondia.
Une newsletter pour les professionnels de la Tech et du Conseil qui ont commencé à construire leur patrimoine, mais n'ont pas encore de vision d'ensemble structurée pour guider leurs décisions patrimoniales.
Ma conviction : tu n’as pas besoin de plus de recettes. Tu as besoin de meilleurs cadres de décision : pilotage global, règles d'arbitrage, priorités alignées avec tes projets de vie … et seulement ensuite, le bon choix d’enveloppes et de produits financiers.
J'ai passé plus de 25 ans chez des éditeurs US (dont 19 chez Oracle). C'est dans ce contexte - le tien aujourd’hui, fait de cycles, de pression et de décisions sous contrainte - que j'ai construit ma liberté financière. Pas avec des raccourcis, avec de la méthode.
Tu lis l'édition n°27, envoyée un jeudi sur deux.
Chaque édition existe en deux formats :
Écrit : l'analyse structurée
Mode « Interview IA » : une conversation générée à partir de mon contenu, pour ceux qui préfèrent l’audio ou explorer le sujet sous un autre angle
L'IA ici n'est pas là pour simplifier. Elle est là pour offrir une seconde porte d'entrée dans la réflexion.
Si cette newsletter te parle, la suite dépend de toi.
📔 Au programme de cette vingt septième édition :
📰 Les 3 actualités éco invest de la quinzaine qu’il ne fallait pas louper
🤔 Insights : La méthode core-satellite pour diversifier (efficacement) et éviter le portefeuille patchwork
🎬 Vidéo : Le portefeuille Frankenstein
📚 Question d’un abonné : Romain, 42 ans, Engineering Manager - Comment diversifier sans renier ses convictions ?

🇺🇸 ❄️ Trump, Groenland et droits de douane : coup de froid et puis pschitt
Donald Trump a publiquement évoqué la possibilité d’imposer des droits de douane à des pays européens, en reliant cette menace au fait que l’Europe “empêcherait” les États-Unis d’avancer sur le dossier du Groenland.
Côté européen, plusieurs responsables ont réagi sur le terrain diplomatique, tandis que des observateurs ont rappelé l’existence d’outils de riposte commerciale au niveau de l’UE, même si leur mise en œuvre reste politiquement complexe. Et puis ça s’est calmé lors de son passage à Davos.
Ce qu’il faut retenir : le sujet n’est pas “un tweet de plus”, mais la normalisation d’un mode d’action où la politique étrangère et la politique commerciale sont utilisées comme levier unique.
Pourquoi cela te concerne directement ?
Parce que quand les règles du jeu commercial deviennent négociables au gré des rapports de force, le risque remonte là où on ne l’attend pas : secteurs export (secteur viticole, luxe), devises, primes de risque.
La question à se poser n’est pas “est-ce que ça va se calmer ?”
C’est plutôt : quelle part de ton patrimoine dépend d’un scénario de stabilité géopolitique… et est-ce un choix délibéré ou un angle mort ?
🏛️ 🤡 Budget 2026 via 49.3 : un texte adopté “par défaut”, dans un climat d’instabilité
Le 19 janvier 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le recours à l’article 49.3 pour faire adopter le projet de loi de finances 2026 sans vote à l’Assemblée nationale.
Le mécanisme est simple : le texte est considéré comme adopté sauf si une motion de censure est déposée (dans les 24h) et votée à la majorité.
Dans les jours précédents, le gouvernement a cherché à sécuriser une non-censure via des concessions (notamment mesures de pouvoir d’achat / dispositifs sociaux), tout en affichant l’objectif de ramener le déficit vers 5% du PIB.
En parallèle, plusieurs observateurs soulignent que les arbitrages d’économies les plus sensibles restent difficiles et, pour partie, encore à trancher. Et la Banque de France a rappelé qu’un déficit au-delà de 5% placerait la France en “zone rouge” vis-à-vis des prêteurs.
Pourquoi c’est un sujet patrimonial (au-delà du débat politique) ?
Parce que cette séquence dit trois choses très concrètes :
Instabilité : un budget peut passer… tout en restant suspendu à des motions, des compromis, des renégociations.
Économies floues : quand les ajustements structurels sont repoussés, on navigue davantage “à la rustine” qu’à la trajectoire.
Vision long terme fragile : si l’horizon politique est court, la politique budgétaire l’est souvent aussi et les marchés détestent l’incertitude durable.
Et c’est exactement là que l’architecture patrimoniale redevient centrale.
On ne construit pas un patrimoine pour “gagner un débat”.
On le construit pour tenir quand le cadre devient moins lisible.
La question à se poser n’est pas “49.3 ou pas 49.3”.
C’est plutôt : ton patrimoine a-t-il un socle robuste (liquidité, marges de sécurité, diversification réelle) qui te permet de ne pas dépendre d’un seul scénario de stabilité ?
🏛️ 🔪 Trump vs Fed : pression politique et indépendance
Depuis mi-janvier 2026, le bras de fer entre Donald Trump et Jerome Powell s’est durci, avec une séquence où Trump pousse publiquement pour des baisses de taux plus rapides, tandis que Powell a répondu dans un registre inhabituellement ferme, évoquant un contexte de pressions et rappelant le cadre institutionnel.
Cette tension est suivie de près par les marchés, non pas uniquement pour ce qu’elle dit du prochain mouvement de taux, mais pour ce qu’elle implique sur la perception d’indépendance de la Fed, un sujet qui influence directement la confiance dans la politique monétaire américaine.
Même sans décision immédiate, ces épisodes peuvent se traduire par davantage de volatilité et des ajustements de prime de risque, notamment via le dollar et les marchés obligataires.
Pourquoi cela te concerne directement ?
Parce que beaucoup de portefeuilles européens sont déjà très exposés au couple marchés US / dollar (ETF Monde, ETF US, actions US, actions de l’employeur)
La question à se poser n’est pas “Powell va-t-il céder ?”
C’est plutôt : si ton scénario central repose sur la stabilité institutionnelle américaine, qu’est-ce qui te protège si ce socle est questionné ?

Cet insight m’a été inspiré par un échange très banal, en sortie de réunion avec l’un de mes anciens managers qui me disait : « J’ai enfin diversifié, j’ai plein de lignes». Il me montre : PEA, CTO, deux ETF “monde”, trois actions US, un peu de crypto et des stock-options “à part”.
Je lui pose une seule question : « Si la Tech corrige fort et que ton variable suit, tu fais quoi ? » Blanc.
Rien de dramatique, rien d’irresponsable non plus. Juste un portefeuille construit par petites additions, sans vraie architecture. Aujourd’hui, on remet de l’ordre : un socle qui tient (core), et des convictions encadrées (satellites).
Le malentendu : “j’ai plusieurs lignes, donc je suis diversifié”
Beaucoup d’investisseurs “diversifient” en multipliant les produits … mais gardent les mêmes risques.
Exemple fréquent chez les cadres Tech & Conseil :
un PEA avec un ETF Monde + un ETF S&P 500
un CTO avec quelques valeurs US
des stock-options/BSPCE
parfois un peu de crypto
Sur le papier : plusieurs poches. Dans les faits : une grosse exposition actions (souvent US/Tech). Quand ça baisse, tout baisse ensemble.
Réflexe utile : ne regarde pas d’abord le nombre de lignes. Regarde :
à quoi je suis exposé ? (actions, taux, immobilier, devise)
qu’est-ce qui bouge ensemble ? (corrélation)
qu’est-ce que je porte déjà via mon job ? (secteur, variable, equity)
Si ton salaire + ton variable + ton equity dépendent du même secteur, ton patrimoine est déjà “concentré” avant même ton portefeuille.
Core-satellite : une séparation simple (socle vs paris)
Le principe : un socle stable + quelques paris encadrés.
Core (le socle) : ce qui doit fonctionner “en continu”.
Diversifié, simple, peu de paris, conçu pour durer.Satellites (les compléments) : ce qui exprime tes convictions.
Thématiques, opportunités, positions plus volatiles … mais limitées.
Pourquoi cette approche est puissante :
elle évite de mettre “du pari” partout (et de s’en rendre compte trop tard),
elle rend la gestion plus facile (et donc plus tenable),
elle permet d’avoir des convictions sans fragiliser le portefeuille.
Construire le Core : large, compréhensible, pilotable
Un Core réussi, c’est un Core que tu peux tenir sans y toucher toutes les semaines.
Ce qu’il doit couvrir :
une exposition large (géographies, secteurs) pour ne pas dépendre d’un scénario unique,
un niveau de risque cohérent avec ton horizon et ta tolérance aux baisses,
une structure simple (peu de lignes, logique claire), avec des frais maîtrisés.
Erreurs classiques :
Core “déguisé” : ton “socle” est en fait une thématique (Tech, Nasdaq, IA). Là, tu as mis un satellite au centre.
Doublons : 2–3 supports différents qui te donnent en réalité la même exposition.
Complexité : trop de produits = plus d’arbitrages, plus d’hésitations, plus d’erreurs au mauvais moment.
Ajouter des Satellites : un rôle clair, une taille limitée
Un satellite n’est pas “un truc en plus”. C’est une position qui doit répondre à une question précise :
“Pourquoi j’achète ça, et qu’est-ce que ça apporte que mon Core n’a pas ?”
Rôles possibles :
renforcer une conviction (ex : surpondérer de manière assumée un thème)
chercher un supplément de performance (avec plus de volatilité)
compléter une exposition spécifique
Règles anti-patchwork :
chaque satellite a un rôle en une phrase
peu de satellites (2–3, c’est déjà très bien)
taille maximale par satellite (sinon le “pari” devient le portefeuille)
conditions de sortie (à quel moment tu réduis / tu coupes)
Pilotage : la méthode qui évite les décisions émotionnelles
Le résultat vient autant de la stratégie que de la discipline.
1) Fixe une cible Core/Satellites
Pas besoin d’une formule magique. Mais il faut une règle.
Ex : “Le Core reste majoritaire, les satellites ne dépassent pas x%.”
2) Rebalancing (rééquilibrage)
Deux options simples :
à date fixe (trimestriel / semestriel)
au seuil (si un écart devient trop grand)
Objectif : reprendre la main sans se raconter d’histoires (“ça a monté donc ça montera encore”).
3) Intègre le risque “hors portefeuille”
Très important :
stock-options/BSPCE = déjà une exposition forte (souvent actions + secteur)
revenus variables (bonus, commissions, TJM) = besoin de marge de sécurité
immobilier = poids réel dans le patrimoine (et peu liquide)
Conséquence : plus ton “hors portefeuille” est risqué/concentré, plus ton Core doit être robuste (et tes satellites petits).
Checklist : construire ton core-satellite en 10 questions
Diagnostic
Mon horizon est de combien d’années ?
Si ça fait -20%, est-ce que je tiens ?
Quelle part de ma situation dépend déjà de mon secteur / employeur ?
Core
4. Est-ce que mon Core est réellement large (ou thématique) ?
5. Est-ce que je peux expliquer mon Core simplement ?
6. Est-ce que mon Core est cohérent avec mon besoin de liquidité ?
Satellites
7. Chaque satellite a-t-il un rôle clair ?
8. Ai-je une taille max par satellite ?
9. Ai-je une règle de rebalancing ?
Gouvernance
10. Ai-je une règle “pas de nouvel achat hors revue” (mensuelle ou trimestrielle) ?
Outputs attendus :
une allocation cible Core/Satellites
une règle de rééquilibrage
une limite claire sur les satellites

Diversifier, c’est répartir des risques, pas empiler des produits.
Le Core te protège des erreurs de timing et des cycles.
Les Satellites te permettent d’avoir des convictions, mais sans mettre le socle en danger.
La gouvernance (règles simples, rebalancing, limites) fait une énorme partie du résultat.

Le portefeuille Frankenstein
Dans cet extrait de “The Big Short”, on voit la mécanique qui fait très mal aux portefeuilles “Frankenstein” : tout le monde réagit à une info (ou une rumeur), le prix s’emballe, puis ça se retourne. La scène est drôle parce que c’est caricatural… et en même temps, c’est exactement ce qui arrive quand on investit sans cadre : on confond agitation et stratégie.
Le lien avec le core-satellite
Le core, c’est votre socle : il n’a pas vocation à bouger au rythme des “news” et des émotions.
Les satellites, ce sont vos convictions : OK pour jouer des idées… mais avec des limites (taille max, règles de sortie, rebalancing).
Sinon, vous finissez comme dans la scène : beaucoup de mouvements, et au final vous subissez le scénario des autres (et le timing).
2 questions à se poser après l’extrait
Est-ce que chacune de mes lignes a un rôle clair… ou est-ce que j’ai juste empilé “des trucs qui avaient l’air bien” ?
Si mon secteur / mon employeur tousse (variable, equity), est-ce que mon portefeuille amortit… ou est-ce qu’il amplifie le choc ?
Bon visionnage !

Romain, 38 ans, Engineering Manager dans une ESN
Bonjour Hervé,
J’ai 70% de mon patrimoine exposé à la Tech (actions + stock-options). Comment je diversifie sans renier ma conviction ?
Romain, le sujet n’est pas de “croire ou ne pas croire” à la Tech.
Le sujet, c’est de ne pas te retrouver dans une situation où un seul scénario pilote ta vie financière. Parce que dans ton cas, la Tech n’est pas qu’un investissement : c’est souvent aussi le secteur qui paie ton salaire, ton variable et qui conditionne la valeur de tes stock-options. Quand ça se passe bien, tu as l’impression d’être un génie. Quand ça se retourne, tu prends la double peine.
La première étape, c’est donc de regarder ton exposition réelle, pas celle que ton portefeuille te raconte. “70% Tech”, c’est rarement juste “un secteur”. C’est souvent : actions + US + growth, plus des stock-options sur une seule boîte (donc ultra concentré), parfois moins liquides que ce qu’on imagine. Autrement dit : tu es peut-être diversifié en enveloppes (PEA/CTO/épargne entreprise), mais pas diversifié en risques.
La bonne approche, c’est de garder ta conviction … mais de la mettre au bon endroit : en satellite, pas au centre.
La méthode (simple, mais exigeante)
1) Construis un Core qui te rend solide
Ton Core, c’est la partie “je veux dormir tranquille”. Il doit être large, compréhensible, et conçu pour tenir quand ton secteur traverse un trou d’air. L’objectif n’est pas d’être “parfait”, l’objectif est d’être robuste : si la Tech corrige, ton Core amortit au lieu d’amplifier.
2) Encadre ta conviction Tech comme satellite
Tu peux rester exposé à la Tech, mais avec une règle claire : ta conviction ne doit pas devenir ta fragilité. Concrètement :
tu fixes un plafond pour l’exposition Tech totale (actions/ETF/stock picking + ce que tu considères comme assimilé),
tu définis une règle de rééquilibrage (“si ça dépasse, je réduis / je compense ailleurs”),
tu limites le nombre de “petits paris” qui finissent toujours par faire un portefeuille patchwork.
3) Traite tes stock-options comme une vraie ligne (pas comme un bonus)
C’est le point que tout le monde minimise. Tes stock-options, c’est une exposition concentrée : une boîte, un timing, une liquidité incertaine. Donc ton portefeuille doit faire l’inverse : élargir et stabiliser. Plus tes stock-options ont un potentiel important, plus tu as intérêt à éviter d’être “full Tech” dans tes actifs liquides.
Mini-grille de décision (pour trancher sans te raconter d’histoires)
Pose-toi ces questions, et écris la réponse :
Si la Tech fait -40%, est-ce que je tiens 2 ans sans casser mon plan ?
Est-ce que mon portefeuille amortit un choc sur mon secteur … ou est-ce qu’il le multiplie ?
Est-ce que chaque ligne a un rôle clair (Core = robustesse / Satellite = conviction) ?
Ai-je une règle simple de rebalancing (date fixe ou seuil) ?
À retenir (pour tout le monde)
Diversifier, ce n’est pas renier ses convictions : c’est éviter qu’une conviction devienne une dépendance.
Votre plus gros “investissement” est souvent votre carrière : il faut l’intégrer dans le risque global.
Un bon portefeuille n’est pas celui qui a le plus de lignes : c’est celui qui a une architecture lisible.
Core-satellite, c’est : un socle qui tient + des paris encadrés. Sans limites, on retombe vite dans Frankenstein.
Bons investissements !
À chaque édition, je réponds à une question réelle.
Si tu veux m’en poser une, c’est ici 👇

Merci 🫶🏼 d'avoir lu cette 27ᵉ édition jusqu'au bout
Si elle t’a été utile et que tu veux aller plus loin, la suite se joue juste en dessous
Tu gagnes bien ta vie mais tu as l'impression que ton patrimoine n'avance pas comme il devrait ?
Je propose un premier échange de 45 minutes (gratuit, sans engagement) pour faire le point sur ta situation et voir si un accompagnement structuré aurait du sens.
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Hervé
Disclaimer
Les informations diffusées dans la newsletter Abondia™ et sur les sites où sont archivées les éditions précédentes sont fournies à titre pédagogique et informatif. Elles ne sauraient être assimilées à une recommandation personnalisée ni à un conseil en investissement au sens de la réglementation française en vigueur. Chaque lecteur demeure seul responsable de ses décisions d’investissement, qui doivent être adaptées à sa situation personnelle, à ses objectifs et à son horizon de placement. Tout investissement comporte des risques, y compris un risque de perte en capital.


