
Hello 👋
Je suis Hervé Clemenceau, fondateur d’Abondia.
Cette newsletter s’adresse aux professionnels de la Tech et du Conseil qui ont déjà commencé à construire leur patrimoine, mais qui sentent qu’au-delà des produits, il manque encore l’essentiel : une architecture d’ensemble claire, cohérente et pilotable.
Ma conviction est simple : vous n’avez pas besoin de plus d’idées d’investissement.
Vous avez besoin d’un cadre.
Un cadre pour lire votre situation avec lucidité, structurer vos décisions, hiérarchiser vos priorités et construire un patrimoine qui ne repose ni sur l’improvisation, ni sur l’empilement, ni sur la fatigue décisionnelle.
C’est précisément le rôle d’Abondia :
vous aider à passer de l’empilement financier à une architecture patrimoniale pilotable.
Abondia s’appuie sur un framework simple :
SCAN → BUILD → RUN
SCAN : clarifier l’existant, consolider, identifier les risques, les angles morts et les priorités
BUILD : construire une architecture patrimoniale cohérente, avec les bonnes enveloppes, la bonne allocation et des règles du jeu explicites
RUN : piloter dans la durée, avec méthode, discipline et sérénité
J’ai passé plus de 25 ans chez des éditeurs américains, dont 19 chez Oracle.
C’est dans cet environnement exigeant, souvent intense, que j’ai construit ma propre liberté financière.
Non pas avec des raccourcis, mais avec une logique d’ensemble, des arbitrages assumés et de la méthode.
Vous lisez l’édition n°31, envoyée un jeudi sur deux.
Chaque édition existe en deux formats :
Écrit : l’analyse structurée
Mode « Interview IA » : une conversation générée à partir de mon contenu, pour celles et ceux qui préfèrent une autre porte d’entrée.
Ici, l’IA n’est pas là pour simplifier à l’excès.
Elle sert à enrichir la lecture, à multiplier les angles et à rendre le fond plus accessible sans l’appauvrir.
Si cette newsletter vous parle, c’est probablement que vous avez déjà compris une chose : ce n’est pas l’accumulation qui traduit la solidité d’un patrimoine, mais son architecture.
Dans beaucoup de métiers du SaaS, du Conseil ou de la Tech, le variable n’est plus anecdotique : bonus, commissions, intéressement ou primes peuvent représenter des montants significatifs. Le problème, c’est que ces revenus censés accélérer la construction du patrimoine finissent souvent par gonfler discrètement le train de vie.
📔 Au programme de cette trente et unième édition :
📰 Les 3 actualités éco invest de la quinzaine qu’il ne fallait pas louper
🤔 Insights : Ton revenu variable ne doit pas financer ton train de vie
🎬 Vidéo : Le concept du “manteau chauffant”
📚 Question d’un abonné : Élodie, 40 ans, Delivery Manager dans une ESN, gérer ses primes dans le couple sans se disputer

🏢 Crowdfunding : l’AMF rappelle les plateformes à l’ordre
Le 12 mars 2026, l’AMF a indiqué constater une multiplication de signalements et d’alertes de la part d’investisseurs en financement participatif. Le régulateur rappelle que les plateformes doivent mettre en place un dispositif de réclamations accessible et gratuit, fournir une information claire à chaque étape, accuser réception dans un délai encadré et répondre de façon motivée dans un délai qui ne doit pas dépasser deux mois. L’AMF souligne aussi un point essentiel : en financement participatif, le risque financier reste supporté par l’investisseur
Pourquoi c’est intéressant ? Parce que cette actu rappelle une réalité souvent oubliée: une plateforme propre, un tunnel d’investissement fluide et une communication bien emballée ne remplacent ni l’analyse du risque, ni la qualité du sous-jacent. Quand le régulateur rappelle les obligations de traitement des réclamations, il rappelle en creux que la relation investisseur-plateforme peut vite se tendre quand les dossiers se passent mal.
Pourquoi cela te concerne directement ?
Parce que les profils Tech et Conseil sont souvent sensibles aux placements “simples à comprendre”, bien designés et présentés comme une diversification accessible. Or l’ergonomie d’une plateforme ne dit rien, à elle seule, sur la solidité des projets financés, la liquidité, le risque de perte ou la qualité du suivi. Sur ce terrain, la bonne question n’est pas “est-ce que l’interface est rassurante ?”. C’est : est-ce que je comprends vraiment le risque que je prends, et ce qui se passe si le scénario se dégrade ?
💶 Livret A à 1,5 % : le cash de confort rapporte encore moins
Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A est passé de 1,7 % à 1,5 %. Le LDDS suit le même mouvement, tandis que le LEP a été fixé à 2,5 %. Bercy rappelle aussi que le Livret A reste liquide, garanti par l’État et exonéré d’impôt, mais le signal est clair : l’épargne réglementée rémunère encore moins qu’avant.
Pourquoi c’est intéressant ? Le sujet n’est pas de dire que le Livret A ne sert plus à rien. Il sert très bien à loger une épargne de précaution. Le problème commence quand un support conçu pour la disponibilité immédiate devient, par inertie, le parking principal d’une part trop importante du patrimoine. Avec un taux à 1,5 %, le coût d’opportunité d’un cash surdimensionné redevient plus visible.
Pourquoi cela te concerne directement ? Parce que beaucoup de cadres Tech et Conseil gardent des montants importants en liquidités non par stratégie, mais par fatigue décisionnelle, prudence floue ou manque de système d’allocation. Quand la rémunération du cash baisse, la vraie question n’est plus “où placer un peu mieux son argent ?”. C’est d’abord : combien de cash me sert vraiment, et combien dort sans mission précise ?
🏦 Déclaration d’impôt 2026 : la fenêtre de préparation est ouverte
La campagne 2026 pour déclarer les revenus de 2025 commencera le 9 avril 2026 et le simulateur officiel est déjà disponible. En parallèle, la loi de finances 2026 a revalorisé le barème de l’impôt sur le revenu de 0,9 %, avec de nouvelles tranches applicables aux revenus 2025. Dit autrement : la campagne n’est pas encore ouverte, mais les données de base sont déjà là pour estimer ce que vous allez payer.
Pourquoi c’est intéressant ? Parce que la déclaration n’est pas juste un rendez-vous administratif. C’est aussi le moment où beaucoup de foyers découvrent trop tard ce qu’ils auraient dû anticiper : impact du quotient familial, poids réel des revenus annexes, intérêt ou non des frais réels, niveau du revenu fiscal de référence, cohérence du prélèvement à la source. Le simulateur permet précisément de sortir du brouillard avant d’entrer dans la campagne.
Pourquoi cela te concerne directement ? Parce qu’un cadre bien rémunéré a souvent une fiscalité plus épaisse qu’il ne le croit : salaires élevés, revenus financiers, parfois activité complémentaire, dons, enfants, garde, immobilier, télétravail ou déplacements. Le vrai sujet n’est pas de remplir sa déclaration en avril. Le vrai sujet, c’est de comprendre en amont ce qui pilote votre impôt, pour éviter les mauvaises surprises de trésorerie et les arbitrages subis.
PS : Si tu veux recevoir gratuitement le Guide de la déclaration de revenus 2026 édité par Le Particulier, envoie moi un email

Il y a un paradoxe très fréquent chez les cadres de la Tech et du Conseil : des revenus élevés, parfois très élevés, une vraie capacité d’épargne sur le papier et pourtant une accélération patrimoniale beaucoup moins nette qu’attendu.
Pourquoi ? Parce que le fixe fait tourner la machine, mais que le variable, lui, se fait souvent aspirer par le confort du moment.
Un bonus annuel.
Une commission exceptionnelle.
Une prime de performance.
De l’intéressement.
De la participation.
Pris un par un, ces montants paraissent “en plus”. Et c’est précisément le problème. Dès qu’un revenu est perçu comme “en plus”, il cesse d’être stratégique. Il devient disponible. Et ce qui est disponible finit rarement là où il crée le plus de valeur.
Au bout de quelques années, le résultat est visible : de beaux revenus ont circulé, mais ils ont peu transformé le patrimoine. Ils ont amélioré le confort, absorbé quelques frustrations, financé des arbitrages pas absurdes mais pas structurants non plus. En clair : l’argent est passé, mais il n’a pas vraiment construit.
Le paradoxe des cadres bien payés : de gros variables, mais peu d’accélération patrimoniale
Beaucoup de lecteurs Abondia ont un profil assez proche.
Un bon fixe.
Une progression de carrière rapide.
Un niveau de vie déjà confortable.
Et, selon les années, un variable qui peut représenter quelques dizaines de milliers d’euros, voire centaines.
Sur le papier, c’est puissant. Parce qu’un revenu variable bien utilisé peut faire en quelques années ce qu’une simple discipline mensuelle met beaucoup plus de temps à produire. Il peut renforcer une réserve de sécurité, accélérer un portefeuille financier, financer un projet sans désorganiser le reste, ou créer une marge de manœuvre professionnelle.
Mais dans la réalité, ce potentiel est souvent dilué.
Le bonus devient le prétexte d’un été plus cher.
La prime “compense” une année intense.
L’intéressement part dans un flou très respectable : un peu de travaux, un peu de vacances, un peu sur le compte, un peu “on verra”.
La commission tombe, puis elle disparaît dans le fonctionnement général.
Le problème n’est pas moral. Ce n’est pas “mal” de profiter. Le problème, c’est l’absence de doctrine.
Un cadre peut être très rigoureux dans son métier, piloter une équipe, un P&L, une roadmap, des clients complexes et gérer son revenu variable de façon artisanale. Comme si chaque versement était un cas particulier. Comme si la méthode devenait soudain facultative dès qu’il s’agit d’argent personnel.
Or un variable sans doctrine, c’est comme un projet sans priorisation : tout semble défendable, mais rien n’est vraiment optimisé.
Pourquoi le revenu variable part si souvent en fumée
Le variable est rarement mal utilisé pour des raisons purement techniques. Le plus souvent, il est mal utilisé pour des raisons comportementales.
La première, c’est l’effet récompense.
Quand un bonus arrive, il arrive souvent après une période de tension : objectifs ambitieux, fin d’année intense, trimestre commercial violent, déplacements, charge mentale, pression managériale, fatigue. Dans ce contexte, l’argent n’est pas perçu comme une ressource à affecter froidement. Il est perçu comme une réparation. Et une réparation se consomme beaucoup plus facilement qu’un capital.
La deuxième, c’est la comptabilité mentale.
Le fixe est vu comme “le vrai revenu”. Le variable, lui, est traité comme une sorte d’argent périphérique. Comme il n’est pas intégré mentalement dans le socle, on le manipule avec moins d’exigence. On accepte plus facilement de le disperser, de l’utiliser sans hiérarchie claire, ou de le laisser se fondre dans des dépenses qui n’auraient jamais été financées par le fixe seul.
La troisième, c’est l’absence de règle avant encaissement.
C’est probablement le point clé. Tant que le bonus n’est pas arrivé, on se dit qu’on verra. Et quand il arrive, la décision se prend dans un environnement très défavorable : soulagement, fatigue, envie de se faire plaisir, demandes du foyer, projets en attente, tentation d’aller vite. Autrement dit : exactement le moment où la discipline est la plus faible.
La quatrième, c’est l’inflation discrète du train de vie.
Pas forcément un grand dérapage. Plutôt une série de petites bascules : une gamme au-dessus, un budget vacances étiré, un abonnement supplémentaire, une habitude plus chère, un achat qui devient la nouvelle norme. Rien de spectaculaire. Mais le variable commence alors à financer non plus des écarts ponctuels, mais des attentes récurrentes.
Et c’est là que le piège se referme.
Un revenu irrégulier commence à soutenir un niveau de vie qui, lui, devient régulier.
Le vrai principe de pilotage : le fixe finance la machine, le variable change la trajectoire
La doctrine simple, la plus utile, c’est celle-ci :
Le fixe finance la vie courante ; le variable finance la trajectoire.
Cette phrase ne veut pas dire qu’il faut tout investir. Elle veut dire quelque chose de beaucoup plus important : un revenu variable ne devrait pas, par défaut, être absorbé par le fonctionnement normal du foyer.
Le fixe sert à payer ce qui revient tous les mois : logement, charges, vie familiale, consommation courante, loisirs habituels, capacité d’épargne régulière.
Le variable, lui, devrait avoir une autre mission :
renforcer ce qui est fragile,
accélérer ce qui compte,
financer ce qui augmente la liberté future,
absorber un projet sans désorganiser le socle.
Dit autrement : le variable n’est pas là pour rendre le quotidien un peu plus confortable. Il est là pour modifier le système.
C’est une différence essentielle.
Un foyer qui vit confortablement grâce au fixe et utilise le variable comme levier patrimonial construit une vraie robustesse.
Un foyer qui a besoin du variable pour soutenir son niveau de vie devient plus dépendant qu’il ne le croit.
Prenons un cas simple.
Deux personnes gagnent chacun 110 000 € annuels, avec 50 000 € de variable par an en moyenne.
Le premier considère ce variable comme une extension normale de ses revenus. Il l’utilise pour lisser son année, monter un peu en gamme sur plusieurs postes, absorber des dépenses diffuses. Cinq ans plus tard, il a eu globalement plus de confort, mais peu de rupture patrimoniale.
Le second affecte systématiquement ce variable à des usages précis : renforcement de la poche de sécurité, versements programmés sur son portefeuille, financement d’un projet identifié, remboursement ciblé d’une fragilité, part plaisir clairement assumée. Cinq ans plus tard, il n’a pas seulement “mieux géré”. Il a changé de position patrimoniale.
Le revenu était le même.
La différence n’est pas dans le montant.
Elle est dans l’architecture.
Ce que le variable devrait financer en priorité
Le bon usage du variable n’est pas universel. Il dépend de la situation du foyer, de son âge, de ses objectifs, de ses fragilités. En revanche, on peut mettre en place une hiérarchie utile.
1. Corriger une faiblesse évidente
Si le foyer a une zone de fragilité claire, c’est souvent là qu’il faut commencer.
Une épargne de précaution insuffisante.
Un découvert chronique de trésorerie malgré de bons revenus.
Une concentration excessive sur un seul actif.
Un crédit conso qui traîne.
Une dépendance trop forte à un seul flux de rémunération.
Tant qu’une faiblesse structurelle reste ouverte, envoyer tout le variable vers des placements “long terme” n’est pas toujours la meilleure idée. On n’optimise pas proprement sur des fondations fragiles.
2. Renforcer la sécurité
Pour beaucoup de profils Tech et Conseil, la sécurité n’est pas qu’une question de dépenses courantes. Elle inclut aussi la capacité à encaisser :
une transition pro,
une baisse de variable,
un départ volontaire,
une mission moins rentable,
un trou d’air dans le secteur.
Le variable peut servir à construire cette liberté de calendrier. Pas juste une épargne de précaution au sens classique, mais une vraie poche de respiration.
3. Financer un projet à horizon clair
Tous les projets n’ont pas vocation à être mensualisés. Certains se financent très bien avec du variable :
travaux,
apport immobilier,
mobilité internationale,
congé sabbatique,
lancement d’activité,
études des enfants à horizon proche.
Le point important, c’est de distinguer un projet défini d’une consommation diffuse. Un projet a un montant, un horizon et une utilité claire. Une dispersion confortable, non.
4. Investir à long terme
C’est ici que beaucoup de foyers sous-exploitent leur variable.
Un bonus bien dirigé sur plusieurs années peut accélérer très fortement la constitution d’un portefeuille financier. Non pas par magie, mais parce qu’il apporte de gros blocs de capital, à des moments où l’épargne mensuelle seule avance plus lentement.
Le variable peut donc servir à :
renforcer une allocation long terme,
alimenter une enveloppe patrimoniale existante,
construire une poche plus offensive sans toucher au socle de sécurité,
rattraper un retard d’investissement.
Parenthèse personnelle : en février 2020, j’ai eu la chance (après beaucoup de travail tout de même) de signer un très gros deal qui m’a généré un variable à six chiffres. J’ai immédiatement décidé d’en mettre 75 % de côté, avec l’idée de l’investir progressivement dans les six mois suivants, en fonction des opportunités.
Puis arrive mars 2020. Le Covid provoque une chute d’environ 30 % du MSCI World et de nombreuses valeurs se retrouvent massacrées, avec des baisses de 30 à 40 %. En clair : les soldes.
Après avoir repris ma watchlist (liste de valeurs dont je suivais l’évolution), je décide de passer 17 ordres. Six ans plus tard, ces positions affichent une performance supérieure à 120 %, soit environ 15 à 16 % annualisés.
Ce que j’ai combiné ici, ce n’est pas seulement un effet d’aubaine. C’est surtout une préparation minutieuse en amont, qui m’a permis d’agir sans hésiter au moment où la fenêtre s’est ouverte.
5. Garder une part de plaisir assumée
C’est important de le dire clairement : il ne s’agit pas de transformer chaque prime en exercice monastique.
Le plaisir a sa place. Même une place saine. Le variable peut très bien financer une part de consommation, de confort, de respiration ou de récompense.
Mais à une condition : que cette part soit décidée, pas subie.
Le plaisir assumé est sain.
La dilution invisible est coûteuse.
Construire sa règle d’allocation avant le prochain versement
Le meilleur moment pour décider de l’usage de son variable, ce n’est pas le jour où il tombe. C’est avant.
Parce qu’une règle écrite à froid est presque toujours meilleure qu’un arbitrage improvisé à chaud.
Tu n’as pas besoin d’une usine à gaz. Tu as besoin d’une règle simple, compréhensible par toi et, si besoin, partageable dans le couple.
Par exemple, au lieu de se redemander à chaque fois “qu’est-ce qu’on fait de cette prime ?”, on peut décider qu’un revenu variable sera systématiquement réparti entre quatre missions :
une part pour le plaisir,
une part pour la sécurité,
une part pour les projets,
une part pour le long terme.
Les pourcentages ne sont pas universels. Un foyer en phase de consolidation n’aura pas la même répartition qu’un foyer déjà solide. Un couple avec enfants, crédit immobilier et variable incertain n’aura pas la même logique qu’un consultant sans enfants avec gros cash disponible.
Mais la logique, elle, reste valable : chaque euro variable doit recevoir une mission avant d’être capturé par l’environnement.
Une règle simple peut ressembler à cela :
tant que la poche de sécurité n’est pas suffisante, priorité à sa constitution ;
une fois ce socle atteint, une part va systématiquement à l’investissement ;
une part limitée, mais visible, est réservée au plaisir ;
les gros projets sont financés par anticipation, pas par ponctions diffuses.
Le plus important n’est pas le détail technique. C’est la répétition.
Parce qu’un bonus bien utilisé une fois, c’est satisfaisant.
Une règle appliquée sur la durée, c’est une trajectoire transformée.
J’en sais quelque chose.
Les erreurs classiques à éviter
Faire monter les charges fixes avec un revenu non garanti
C’est l’erreur numéro un. On laisse le variable soutenir un niveau de dépenses qui finit par sembler normal : vacances, loyer, voiture, prestations de confort, rythme de consommation. Le jour où le variable baisse, le niveau de vie, lui, ne redescend pas aussi facilement.
Traiter chaque versement comme un cas particulier
“Cette fois-ci, c’est exceptionnel.”
C’est souvent faux. Ou plus exactement : c’est toujours un peu exceptionnel, donc jamais vraiment piloté. Si chaque prime échappe à la règle, il n’y a pas de stratégie. Il y a une suite de justifications.
Tout investir sans garder de respiration
À l’inverse, certaines personnes veulent “bien faire” et basculent dans une rigidité excessive : tout au long terme, rien pour le plaisir, rien pour le présent, rien pour la souplesse. Ce n’est pas une bonne stratégie non plus. Une bonne architecture patrimoniale laisse de la place à la vie réelle.
Décider trop tard dans le couple
Le variable est un sujet typiquement conflictuel quand il n’est pas clarifié. Pour l’un, il représente un levier de sécurité. Pour l’autre, une respiration légitime après une année intense. Si la discussion commence quand l’argent est déjà arrivé, elle sera plus émotionnelle que stratégique.
Confondre dépense visible et utilité réelle
Un gros achat est parfois moins problématique qu’une fuite diffuse. Le vrai danger n’est pas seulement le “gros craquage”. C’est aussi la somme des décisions modestes, respectables, confortables, qui ne laissent aucune trace patrimoniale.
La mini-grille de décision Abondia
Avant votre prochain bonus, votre prochaine prime ou votre prochain intéressement, posez-vous ces cinq questions :
1. Mon niveau de vie reste-t-il sainement soutenable sans ce revenu variable ?
Si la réponse est non, le variable finance déjà trop votre fonctionnement.
2. Ce montant a-t-il une mission définie avant d’arriver sur mon compte ?
Si la réponse est non, il sera probablement absorbé par l’environnement.
3. Une part visible de ce revenu améliore-t-elle vraiment ma sécurité ou ma liberté future ?
Si la réponse est non, vous consommez peut-être un levier patrimonial rare.
4. Suis-je en train de financer un projet clair ou une dispersion confortable ?
Un projet a un nom, un horizon, un budget. Le reste est souvent du brouillard.
5. Dans trois ans, verrai-je encore l’effet de ce bonus dans mon patrimoine ?
C’est sans doute la meilleure question. Elle oblige à distinguer ce qui soulage, ce qui fait plaisir, et ce qui construit.

Le revenu variable n’est pas un revenu anecdotique.
Et il ne devrait pas être traité comme une cagnotte sympathique.
Chez les cadres de la Tech et du Conseil, il peut représenter l’un des plus gros accélérateurs patrimoniaux disponibles. À condition de ne pas le laisser financer, sans y penser, une version plus chère de la vie courante.
Le fixe fait tourner la machine.
Le variable devrait changer la trajectoire.
Sinon, ce n’est pas que vous gagnez mal votre vie.
C’est simplement qu’une partie de votre puissance financière s’évapore avant d’avoir produit ses effets.
Et c’est exactement ce qu’il faut empêcher.

Pourquoi un bonus donne souvent de très mauvaises idées pendant 48 heures
Dans “Le manteau chauffant”, les Deschiens déroulent exactement ce que je cherche à montrer dans cette édition : la mécanique absurde par laquelle un objet inutile devient soudain parfaitement défendable.
La scène est simple, ridicule donc très juste. On y voit un achat qui n’a rien d’indispensable, mais qui prend, dans le discours, des airs de bonne idée, presque de nécessité. C’est précisément comme cela que fonctionne une partie du revenu variable : dès qu’il est perçu comme de l’argent “en plus”, il devient le carburant idéal pour de très mauvaises rationalisations.
Le lien avec le patrimoine est limpide : un bonus, une prime ou une commission ne partent pas toujours dans un énorme craquage spectaculaire. Le plus souvent, ils se dissolvent dans des dépenses plus petites, plus présentables, plus “logiques” sur le moment. Et c’est justement ce qui les rend dangereuses : elles ont l’air raisonnables quand elles sont prises à chaud.
À regarder avec cette question en tête :
est-ce que cette dépense améliore vraiment ma trajectoire ou est-ce qu’elle devient simplement très défendable parce que j’ai encaissé plus d’argent que d’habitude ?
Et une deuxième, encore plus utile :
si ce revenu variable n’était pas tombé ce mois-ci, aurais-je quand même considéré cet achat comme une bonne idée ?
Bon visionnage !

Élodie, 40 ans, Delivery Manager dans une ESN
Hello Hervé,
Entre mes commissions, mon intéressement et parfois une prime annuelle, je touche plusieurs revenus variables dans l’année, mais jamais au même moment ni sous la même forme. À chaque versement, on rediscute de tout avec mon mari et cela créé inévitablement quelques frictions : investir, garder du cash, financer des vacances, avancer sur des travaux et au final, on tranche donc au cas par cas. Comment mettre un peu d’ordre là-dedans sans transformer ce process de décision en usine à gaz ?
Merci pour tes conseils !
C’est une très bonne question Elodie, parce qu’elle montre un problème fréquent chez les foyers à bons revenus : ce n’est pas l’absence d’argent qui complique les choses, c’est l’absence de cadre commun.
Quand il y a plusieurs flux variables, la tentation est forte de les traiter différemment selon leur taille, leur date d’arrivée ou l’humeur du moment. Une commission est perçue comme une récompense. L’intéressement comme une opportunité de placement. Une prime comme un peu d’air. Et, à force, rien n’est vraiment piloté de façon cohérente.
Le premier sujet, ici, ce n’est donc pas le rendement. C’est la gouvernance du foyer.
Clarifier la situation avant de parler d’allocation
Avant de décider quoi faire de ces revenus variables, il faut répondre à trois questions simples :
Est-ce que le foyer a déjà une architecture claire sans ces revenus ?
Autrement dit : est-ce que le niveau de vie courant, l’épargne régulière et les dépenses fixes tiennent correctement avec les revenus fixes ?
Est-ce que les flux variables ont aujourd’hui des usages implicites ?
Par exemple : “les commissions servent souvent aux vacances”, “l’intéressement part plutôt en placement”, “la prime annuelle bouche les trous”. Tant que ces usages implicites ne sont pas nommés, ils pilotent les décisions à votre place.
Est-ce que le désaccord porte sur les objectifs ou sur le timing ?
Dans beaucoup de couples, ce n’est pas le fond qui diverge. Les deux veulent à la fois du confort, de la sécurité et du long terme. Le vrai désaccord porte souvent sur l’ordre de priorité.
Les paramètres importants à poser noir sur blanc
Pour sortir des arbitrages flous, il faut poser quelques paramètres.
D’abord le niveau de sécurité du foyer. Si la poche de précaution est déjà solide, la question n’est pas la même que si le couple reste dépendant d’un bon semestre ou d’une bonne année pour respirer.
Il faut aussi regarder les projets à horizon clair. Travaux, achat immobilier, année sabbatique, études des enfants, transition pro : tant que ces projets ne sont pas chiffrés, les revenus variables finissent souvent par se disperser dans des usages moins prioritaires.
Enfin, il faut clarifier le besoin de plaisir assumé. C’est un point souvent mal géré. Si on ne réserve jamais une part explicite au confort ou au plaisir, cette part revient quand même… mais de manière diffuse, mal assumée, et souvent plus coûteuse.
Une méthode simple : une règle unique, même pour des flux différents
Le piège, ce serait de construire une règle différente pour chaque commission, chaque prime, chaque intéressement. Trop compliqué. Trop fragile. Trop dépendant de la motivation.
Le plus simple, c’est de définir une logique unique, puis de l’adapter marginalement selon le type de flux.
Par exemple, chaque revenu variable peut être réparti selon quatre missions :
une part pour le plaisir / confort assumé ;
une part pour la sécurité ;
une part pour les projets identifiés ;
une part pour le long terme.
Ensuite, on ajuste selon la situation du foyer.
Si la sécurité est insuffisante, elle passe d’abord.
Si un projet important approche, il remonte dans la hiérarchie.
Si le foyer est déjà solide, la part long terme peut devenir plus importante.
Mais la logique reste la même : chaque euro variable reçoit une mission avant d’être absorbé par la discussion du moment.
Ce qu’il faut éviter absolument
La première erreur, c’est de décider après encaissement. Une fois l’argent arrivé, chacun a déjà commencé à lui attribuer un usage mental. La discussion devient plus émotionnelle et moins stratégique.
La deuxième, c’est de laisser certains flux “hors système”. Très souvent, l’intéressement est traité sérieusement, mais les commissions partent dans la vie courante. Ou inversement. Or, ce n’est pas parce qu’un flux est plus fragmenté qu’il doit être moins piloté.
La troisième, c’est de vouloir une règle parfaite. Il vaut mieux une règle simple, imparfaite, mais appliquée, qu’une architecture brillante que personne ne suit après deux versements.
Une mini-grille de décision
Pour mettre de l’ordre sans rigidité excessive, voilà une séquence possible :
1. Nommer les “missions prioritaires” du foyer
Sécurité, projets, investissement, confort.
2. Écrire une règle commune avant le prochain versement
Pas au moment où l’argent tombe.
3. Appliquer la même logique à tous les flux variables
Même si les montants et les calendriers diffèrent.
4. Garder une poche de plaisir explicite
Pour éviter que le confort revienne par la fenêtre.
5. Réviser la règle une fois par an, pas à chaque encaissement
Sinon, chaque rentrée d’argent redevient une négociation à zéro.
À retenir pour tout le monde
Dans un couple, le bon arbitrage ne se décide pas quand l’argent arrive, mais avant.
La vraie clé n’est pas d’optimiser chaque flux séparément, mais d’avoir une logique unique et stable.
Le plaisir n’est pas l’ennemi d’une bonne stratégie patrimoniale ; l’ennemi, c’est la dilution sans règle.
Si vos revenus variables ne laissent pas de trace visible dans votre sécurité, vos projets ou votre patrimoine, ils financent probablement plus de dispersion que de trajectoire.
À chaque édition, je réponds à une question réelle.
Si tu veux m’en poser une, c’est ici 👇

Merci 🫶🏼 d'avoir lu cette 31ᵉ édition jusqu'au bout
Si elle t’a été utile et que tu veux aller plus loin, la suite se joue juste en dessous
Tu gagnes bien ta vie mais tu as l'impression que ton patrimoine n'avance pas comme il devrait ?
Je propose un premier échange de 45 minutes (gratuit, sans engagement) pour faire le point sur ta situation et voir si un accompagnement structuré aurait du sens.
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Hervé
Disclaimer
Les informations diffusées dans la newsletter Abondia™ et sur les sites où sont archivées les éditions précédentes sont fournies à titre pédagogique et informatif. Elles ne sauraient être assimilées à une recommandation personnalisée ni à un conseil en investissement au sens de la réglementation française en vigueur. Chaque lecteur demeure seul responsable de ses décisions d’investissement, qui doivent être adaptées à sa situation personnelle, à ses objectifs et à son horizon de placement. Tout investissement comporte des risques, y compris un risque de perte en capital.


